• Reconversion
L'ingénieure devient vendeuse de lingerie
Ecrit par Remi WAFFLART– Journaliste à L’Union –Marne – article paru le 15 septembre 09
Il y a trois ans encore, Maryline Thiebaut, 47 ans, ingénieur en travaux publics, était directrice de l'urbanisme et des travaux publics à la Ville de Châlons-en Champagne. Aujourd'hui, elle vend de la lingerie à domicile. Pourquoi un tel virage professionnel ? Tout allait bien pour Maryline. Elle était passionnée par son métier, occupait ses journées à encadrer ses agents, passait souvent ses soirées à travailler avec les élus, pour se consacrer à sa famille le week-end. Simplement, comme le permet la fonction publique, elle eut l'envie de profiter de la possibilité offerte aux mères de quatre enfants de partir à la retraite de façon anticipée. « J'y ai vu un moyen de retrouver des moments conviviaux avec mon environnement proche», explique-t-elle. Pour ne pas changer trop brutalement de rythme, Maryline se cherche une activité.

{{Un jour, histoire de renouer avec d'anciennes relations, elle se laisse inviter à une réunion Tupperware. Un déclic. Non pas pour la commercialisation d'accessoires de cuisine mais pour la vente à domicile. « Je ne voulais pas d'un produit qui colle à l'image de la femme qui reste dans sa cuisine avec ses gamelles. J’ai découvert la vente de lingerie qui reste un produit purement féminin et qui permet en même temps de séduire l'homme. C'est aussi un produit de renouvellement. Les Tupperware, on utilise encore ceux de sa mère voire de sa grand-mère, mais pas les soutiens-gorge», sourit-elle.
Maryline Thiebaut (debout à gauche sur la photo) estime pouvoir recruter cinquante vendeuses à domicile dans la région.
Au début, Maryline voulait faire de la vente à domicile en dilettante. Mais rapidement l’ex fonctionnaire découvre et se pique du métier de commerciale. « C'est un métier à part entière. Il faut de la rigueur, de l'organisation tout en gardant le sourire et en laissant ses soucis devant la porte. » Rapidement, Maryline gravit les échelons proposés par son fournisseur Charlott' le leader du secteur, qui fait travailler 3 500 vendeuses en France. Conseillère de vente confirmée puis experte, elle devient animatrice de secteur sur cinq départements de l'Est, ce qui correspond à l'encadrement de 150 personnes. Elle est aussi la « marraine» de 80 commerciales installées dans d'autres régions. Vu le développement de son activité, Maryline a dû abandonner son statut de VDI (vendeuse à domicile indépendante) commissionnée sur les ventes, pour monter sa propre SARL, qui se porte très bien. « j'ai de quoi recruter 50 vendeuses dans la région, le potentiel est même de 150», affirme-t-elle.
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Elle a déjà rattrapé son ancien salaire
Apparemment la lingerie rapporte. Une débutante peut tirer 100 € net par présentation. Une vendeuse plus confirmée faisant deux réunions par semaine et étant marraine d'une ou deux vendeuse peut atteindre 1 200 € à 1 500 € par mois. Quant à Maryline, elle a déjà rattrapé son ancien salaire de directrice de service. Pas mal en temps dit de « crise ».}}